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Oublier les fleurs sauvages

de Céline Bentz

L’émancipation d’une femme libanaise.
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Pour la rentrée littéraire 2021, Céline Bentz publie son premier roman aux éditions Préludes. Oublier les fleurs sauvages est fortement inspiré de la vie de l’auteure, fruit d’une mère libanaise et d’un père français. Elle a nourri son imaginaire des souvenirs échappés par sa mère sur sa vie au Liban, sur ses proches, sur la guerre. C’est ainsi qu’Alma Haddad prend chair sous la plume de Céline Bentz.

Oublier les fleurs sauvages est un premier roman très ancré dans le réel et dans la culture familiale de Céline Bentz. Nous en découvrons sur le Liban, les conflits qui y font rage et les habitants qui en font l’âme.

Un héritage à porter

Amal fait partie d’une fratrie composée de sept enfants. Parmi ces sept enfants, quatre sont des filles. Excepté Alma, toutes finissent mariées et subissent l’autorité de leur mari, au grand désespoir de leur mère qui souhaiteraient les voir émancipées et épanouies. Leurs parents sont issus d’un milieu modeste mais les élèvent avec amour et sacrifices pour tenter de leur donner la chance qu’ils n’ont pu avoir. 

En plus de l’héritage familial, Amal doit également porter l’héritage culturel et religieux. Le patriarcat prédomine. Son héritage religieux est la tradition musulmane sunnite, c’est-à-dire la tradition musulmane qui se base sur la sunna, à savoir l’exemple de vie et les enseignements du Prophète Muhammad. La sunna se trouve dans les hadiths, soit les dires et les faits du prophète qui sont aujourd’hui consignés dans divers recueils. Certains hadiths sont considérés authentiques par la communauté tandis que d’autres sont falsifiés. Il s’agit en quelque sorte de l’équivalent des évangiles pour les chrétiens. Il faut savoir que le sunnisme est le courant majoritaire de l’Islam. Cet héritage musulman dans une terre en guerre civile fait qu’il est mal vu pour Alma de cotoyer les chrétiens dont Youssef, son bien-aimé. 

L’exil

L’émancipation est d’abord voulue, presque conditionnée, par les parents d’Alma. Elle doit s’émanciper par l’ascension sociale. Son émancipation passe par son exil en France pour y accomplir ses études. La deuxième partie du roman est consacrée à sa vie à Nancy, sur les joies et les difficultés qu’elle va rencontrer en France. D’un côté, elle découvre la liberté, l’indépendance. De l’autre, elle va connaître les déboires liés à l’exil, ressentir ainsi le manque de son pays, de la douceur de sa langue, des odeurs et de la chaleur de sa région. La présence d’une belle-sœur très peu accueillante ne va pas l’aider à s’y sentir à son aise. L’exil est donc autant vécu comme une libération que comme une contrainte, une épreuve.

Un contexte de guerre

Le récit prend place en plein conflit, bien que ce dernier soit peu détaillé et explicité. Nous sommes comme plongés dedans. Ce conflit est au croisement d’aspects politiques, religieux et mafieux. Le conflit israélo-libanais bat son plein dans les années 1980 avec la guerre du Liban, années durant lesquelles se déroule justement le récit. Ce conflit fait intervenir des États voisins tels que la Syrie ou les États-Unis. Aujourd’hui, le conflit n’est toujours pas totalement éteint et la région libanaise peine à trouver un équilibre, à se reconstruire. La condition féminine dans ce contexte de guerre est d’autant plus difficile. C’est dans ce tableau que se voit grandir Alma. 

Pour la rentrée littéraire 2021, Céline Bentz nous offre la vision d’un pays à une époque qu’elle n’a pas connu mais dont elle a gardé des traces du fait de son contexte familial. Cette vision se fait à travers les yeux d’Alma, une femme touchante à laquelle vous vous attacherez !

Étiquettes littéraires

Rentrée littéraire 2021

Autobiographie

Premier roman

Amour

Liban

Guerre civile

Exil

Condition féminine

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