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Fun fact littéraire : les écrivains sous pseudonymes

Être auteur ou autrice, c’est affronter le syndrome de la page blanche, réussir à ficeler une histoire sur plusieurs centaines de pages, assurer une qualité d’écriture, parvenir à être publié… mais c’est aussi choisir son nom d’écrivain ! Alors que la majorité des écrivains choisissent de signer leurs œuvres sous leur nom de naissance, d'autres préfèrent adopter un pseudonyme. Les raisons peuvent être variées : volonté de se préserver de la célébrité, publier sans honte des écrits intimes, pouvoir évoquer des sujets jugés provocants sans risque… Kube vous présente quelques choix originaux !


De l’embarras de choisir son nom de scène

photographie de Romain Gary

Reprendre le nom de jeune fille de sa mère, le nom d’un ami, ou inventer quelque chose de complètement nouveau… les possibilités sont nombreuses si l’on ne veut pas publier sous son véritable nom !


Par exemple, dans La promesse de l’aube, Romain Gary raconte avec humour comment, lorsqu’il était jeune et que sa mère le destinait déjà à un grand succès artistique, il passait des heures à chercher un nom de scène. Il se souvient de tous les patronymes qu’il a envisagés, et explique que, lorsqu’il a entendu parler de Charles de Gaulle pendant la guerre, sa première pensée a été qu’il aurait aimé avoir eu l’idée de s’appeler ainsi plus tôt !


Finalement, Roman Kacew écrira principalement sous le nom de plume Romain Gary (“brûle”, en russe). Toutefois, tout au long de sa carrière d’écrivain, il alterne entre différents noms : Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat, François Mermont… Le plus connu de ses alias reste Émile Ajar (qui, en russe, signifie “braise”, et fut le nom d’actrice de sa mère), pseudonyme sous lequel il remportera le prix Goncourt pour la seconde fois, ce qui est normalement interdit selon les règles du concours. La vie devant soi est en effet récompensé en 1975, après Les Racines du Ciel, distingué en 1956. En effet, alors que l’atmosphère post-mai 68 est défavorable à Romain Gary, un écrivain si amoureux de la France et de sa tradition, celui-ci décide de publier incognito. On peut y voir à la fois un pied de nez à ces critiques et une preuve qu'une réputation n'efface pas le talent. Lorsque le Goncourt est remis à Ajar, tout Paris se met en quête du mystérieux auteur. On a par exemple soupçonné Paul Pavlowitch !



Des exemples loufoques

portrait de Stendhal

D’autres écrivains célèbres ont pu choisir des pseudonymes plus originaux ou surprenants. Par exemple, Henri Beyle est entré dans la postérité comme Stendhal, nom sous lequel il a publié la plupart de ses œuvres. Pourtant, il a aussi eu recours à des noms d'emprunt moins connus, tels que Cornichon et William Crocodile ! Par chance, Le Rouge et le Noir n’est pas connu aujourd’hui comme un classique de la littérature écrit par un cornichon.


Stendhal entretenait une relation épistolaire avec Prosper Mérimée, qui a confié qu’il ne signait jamais une de ses lettres autrement que par un nom inventé. On recense plus d’une centaine de faux noms utilisés par Beyle !





Une dimension genrée dans le choix du pseudonyme

photographie de Colette

Toutefois, le choix d’un pseudonyme ne relève pas toujours d’une envie de jouer avec le public. Parfois, il s’agit d’une réaction à un triste constat. C’est notamment le cas pour certaines femmes qui choisissent de publier sous un autre nom. Colette, dont on se souvient comme une figure affranchie et scandaleusement libérée pour l’époque, a d’abord publié ses premiers ouvrages sous le nom de Willy. C’est même son mari Henry Gauthier Villars qui en tirait les bénéfices, se faisant passer pour l’auteur dans les salons littéraires, afin d’assurer la promotion des livres de sa femme.

photographie de J. K. Rowling

Cette dynamique est toujours une réalité de nos jours. J.K. Rowling par exemple, mère de la saga Harry Potter, a choisi d’utiliser ses initiales sur le conseil de son agent. Celui-ci redoutait que les petits garçons ciblés refusent de lire un livre écrit par une femme. Rowling choisit donc de réduire son prénom à J, comme Joanne, et K de Kathleen, nom de sa grand-mère décédée.





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