Les 20 livres à lire absolument dans sa vie, et par lequel commencer
Dernière mise à jour : il y a 23 heures

Vous cherchez le meilleur livre à lire absolument, vous tombez sur un classement où Ulysse de Joyce arrive en 5e position et À la recherche du temps perdu en 2e, et vous refermez l’onglet sans avoir noté un seul titre.
Ces listes ne mentent pourtant pas, ce sont bien des chefs-d’œuvre. Simplement, elles répondent à côté de la question : elles disent ce qui est grand, jamais ce qui est lisible ce soir, dans le métro, après une journée de travail.
Alors la box livre Kube a repris les 20 livres incontournables qui reviennent partout et les a classés selon ce qu’ils demandent au lecteur, du plus simple au plus exigeant.
L’essentiel en une minute
Notre sélection de 10, classée par ordre de lecture et non par prestige :
Le Petit Prince, Saint-Exupéry, et Des souris et des hommes, Steinbeck : les 2 plus courts, les 2 plus accessibles.
La Peste, Camus, et Fahrenheit 451, Bradbury : des idées fortes dans une langue simple.
Le Comte de Monte-Cristo, Dumas : 1 500 pages qui se lisent plus vite que 300 pages de bien des romans.
1984, Orwell, et Le Parfum, Süskind : demandent un peu d’élan, se dévorent ensuite.
Les Hauts de Hurlevent, Brontë, et Les Misérables, Hugo : les classiques qu’on affronte une fois dans sa vie.
Cent ans de solitude, García Márquez : le plus exigeant de cette sélection.
Pourquoi les classements de « meilleurs livres » découragent plus qu’ils n’aident
Le problème ? Ce n’est pas le choix des titres, c’est l’ordre dans lequel on vous les présente.
Quand un classement place Proust en 2e position et Joyce en 5e, il s’adresse à quelqu’un qui a déjà beaucoup lu, si bien que le lecteur venu avec la question « par quoi je commence » repart avec une liste de monuments et pas la moindre porte d’entrée.
Nous avons donc retenu 4 critères, et aucun ne suffit à lui seul :
La longueur. Elle est utile mais trompeuse, puisque La Route fait 250 pages et vous laisse épuisé, quand Le Comte de Monte-Cristo en compte 6 fois plus et s’avale comme une série.
La langue. Un texte du XIXe siècle ne se lit pas comme un roman contemporain, et certains auteurs du XXe se révèlent nettement plus ardus que Hugo.
Le contexte. Faut-il connaître une époque, une guerre ou une théorie pour entrer dans le livre, ou peut-on l’ouvrir sans rien savoir ?
L’exigence émotionnelle. Certains livres se lisent sans effort et se traversent difficilement, parce que ce qu’ils racontent pèse longtemps après la dernière page.
Un lecteur résumait très bien la chose sur un forum, à propos du Capital de Marx : les premiers chapitres sont austères, et une fois qu’on les a passés, ça devient un page-turner. La difficulté d’un livre n’est presque jamais là où on l’attend.
Et si vous préférez ne pas trancher tout seul, notre abonnement de livres de poche existe aussi pour ça.

Par lesquels commencer
Les plus accessibles : courts ou fluides, langue directe, aucun prérequis. Ce sont aussi, très souvent, ceux qui donnent envie de continuer. Interrogez des lecteurs sur leur meilleur livre et beaucoup vous citeront celui qui les a rendus lecteurs, pas le plus grand qu’ils aient lu.
Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

Première parution en 1943.
Un aviateur tombé en panne au milieu du désert y rencontre un enfant venu d’une autre planète. Le texte se lit en une heure, se comprend à 7 ans et se relit à 40 avec le sentiment très net de tenir un autre livre entre les mains.
C’est le seul de cette liste qu’on peut offrir à n’importe qui, sans risquer de se tromper.
Des souris et des hommes, John Steinbeck

Première parution en 1937.
2 ouvriers agricoles traversent la Californie de la Grande Dépression avec un projet en tête, acheter une ferme à eux : George parle, Lennie suit et sa force finit toujours par poser problème.
Moins de 150 pages, écrites presque entièrement en dialogues, et vous le refermerez K.O. ! C’est le livre parfait pour découvrir qu’un texte très court peut frapper aussi fort qu’un long roman.
La Peste, Albert Camus

Première parution en 1947.
Une ville d’Algérie est mise en quarantaine et ses habitants apprennent à vivre avec l’épidémie, sous le regard d’un médecin qui continue de soigner sans espoir de victoire.
Camus a le prix Nobel, une réputation de philosophe, et une langue d’une simplicité désarmante : si les classiques français vous intimident un peu, c’est par lui qu’il faut commencer.
Fahrenheit 451, Ray Bradbury

Première parution en 1953.
Dans une société où les écrans ont pris le pouvoir, les pompiers n’éteignent plus les incendies, ils brûlent les livres. Montag est l’un d’eux, jusqu’au jour où il en ouvre un.
Court, tendu et d’une actualité qui fait un peu mal quand on le lit aujourd’hui. On lui pardonne volontiers son côté démonstratif, puisqu’il avait raison !
L’Alchimiste, Paulo Coelho

Première parution en 1988.
Un berger andalou quitte l’Espagne pour l’Égypte, à la recherche d’un trésor entrevu en rêve.
C’est le titre le plus discuté de cette liste, celui qu’on adore ou qu’on trouve simpliste, et s’il figure ici c’est parce qu’il a rendu des milliers de gens lecteurs, ce qui compte autant que le reste.
L’Écume des jours, Boris Vian

Première parution en 1947.
Colin aime Chloé, qui tombe malade le jour où un nénuphar se met à pousser dans son poumon, au milieu d’un monde où les souris parlent et où les pianos préparent des cocktails.
La langue invente ses propres règles, ce qui déroute pendant 20 pages environ avant de devenir un plaisir pur. C’est le roman qui prouve qu’un classique français peut être drôle.
Ceux qui demandent un peu d’élan
Plus longs ou plus construits. Il faut passer les premières pages, et ensuite ils ne vous lâchent plus.
Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas

Première parution entre 1844 et 1846.
Edmond Dantès est jeté en prison sur une simple dénonciation, il en ressort 14 ans plus tard, riche et méconnaissable, avec un projet en tête : retrouver un par un ceux qui l’ont trahi.
Plus de 1 500 pages, et c’est pourtant l’un des livres les plus faciles de cette sélection. Écrit pour paraître en feuilleton, il avance par chapitres courts qui se terminent tous par une bonne raison de lire le suivant, ce qui en fait le meilleur argument contre l’idée qu’un gros livre serait forcément un livre difficile.
Détail qui compte : quand on demande à des lecteurs quel est leur meilleur livre, c’est l’un des titres qui reviennent le plus souvent, alors qu’il n’apparaît dans presque aucun classement d’expert.
1984, George Orwell

Première parution en 1949.
Winston Smith réécrit le passé pour un régime qui surveille tout, y compris les pensées, et il commence un journal intime, ce qui suffit à le condamner.
Les 50 premières pages installent un monde entier et demandent de s’accrocher un peu, après quoi on ne repose plus le livre. Le vocabulaire qu’Orwell a inventé est entré dans la langue courante, ce qui en dit assez long sur ce qu’il avait vu venir.
Le Parfum, Patrick Süskind

Première parution en 1985.
Grenouille naît dans le Paris du XVIIIe siècle avec un odorat prodigieux et aucune odeur à lui, devient parfumeur, puis devient autre chose.
C’est un roman qu’on lit avec le nez, et sa montée du malaise est si progressive qu’on ne sait jamais à quel moment exact on a basculé du fascinant à l’insoutenable.
Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë

Première parution en 1847.
Dans une lande anglaise battue par le vent, Heathcliff et Catherine s’aiment et se détruisent, et leurs enfants héritent ensuite des dégâts.
La construction en récits emboîtés demande un peu d’attention dans les premiers chapitres, et c’est le prix à payer pour l’un des romans les plus violents jamais écrits sur l’amour, publié par une femme contrainte de prendre un nom d’homme. Si cette veine vous tente, on a consacré un article entier aux classiques de la littérature anglaise.
Dune, Frank Herbert

Première parution en 1965.
Sur une planète désertique, une famille noble prend le contrôle de l’unique ressource qui rend le voyage spatial possible, au milieu d’une intrigue où se mêlent politique, religion, écologie et vers géants.
Le premier tiers demande de retenir des noms et des clans, puis l’univers devient si dense qu’on n’en sort plus. C’est le meilleur point d’entrée dans la science-fiction pour quelqu’un qui n’en lit jamais.
La Route, Cormac McCarthy

Première parution en 2006.
Un père et son fils marchent vers le sud dans un monde réduit en cendres, en poussant devant eux un caddie de supermarché.
250 pages d’une langue dépouillée, sans guillemets ni chapitres : la lecture est facile, c’est ce qu’elle vous fait qui ne l’est pas. À ne pas ouvrir un jour de fatigue.
Ubik, Philip K. Dick

Première parution en 1969.
Une équipe d’agents survit à un attentat sur la Lune, puis le monde autour d’eux se met à remonter le temps : les objets vieillissent, la réalité se délite et une bombe aérosol nommée Ubik semble être la seule chose qui tienne encore debout.
On ne comprend pas tout du premier coup, et ce n’est pas grave, parce que Philip K. Dick construit un vertige plutôt qu’une énigme à résoudre.
Lolita, Vladimir Nabokov

Première parution en 1955.
Humbert Humbert raconte lui-même sa fascination pour une adolescente, dans un livre qui a fait scandale à sa sortie et qui continue d’en faire.
La langue est somptueuse et la difficulté vient d’ailleurs : vous passez le roman entier dans la tête d’un homme qui plaide sa cause. Nabokov ne vous laisse aucun confort, et c’est précisément le sujet du livre.
Orgueil et Préjugés, Jane Austen

Première parution en 1813.
5 sœurs à marier, une mère qui ne pense qu’à cela, et un voisin fortuné dont l’ami passe pour le plus arrogant des hommes : Elizabeth Bennet a un avis sur tout le monde, et elle va devoir en réviser une bonne partie.
Il faut 30 pages environ pour placer les familles et prendre le pli de l’ironie, après quoi on comprend assez vite pourquoi ce roman n’a pas pris une ride depuis 1813. On y entre pour une comédie de mœurs, on en ressort avec le plus beau livre jamais écrit sur le fait de se tromper sur quelqu’un.
Ceux qui se méritent
Les monuments. On vous dit franchement ce qu’ils demandent, et on assume de les placer à la fin plutôt qu’en tête.
Les Misérables, Victor Hugo

Première parution en 1862.
Jean Valjean, Cosette, Javert, la barricade : vous connaissez l’histoire même sans l’avoir lue, ce qui est déjà une bonne raison d’aller la lire.
La difficulté est ailleurs, puisque Hugo s’arrête 50 pages pour raconter Waterloo, puis autant pour les égouts de Paris. Ces digressions sont ce qui fait le livre, et ce qui fait abandonner. Le conseil des lecteurs qui l’ont terminé : ne pas les sauter, mais s’autoriser à les lire vite.
Cent ans de solitude, Gabriel García Márquez

Première parution en 1967.
Les générations de la famille Buendía se succèdent dans un village d’Amérique latine où le merveilleux fait tout simplement partie du quotidien.
Le défi est facile à nommer : les personnages portent presque tous les mêmes prénoms sur 100 ans, au point que beaucoup de lecteurs tiennent un arbre généalogique à côté d’eux. Faites-le, ça change tout.
Crime et Châtiment, Fiodor Dostoïevski

Première parution en 1866.
Un étudiant pauvre de Saint-Pétersbourg tue une vieille usurière pour vérifier une théorie qu’il s’est faite sur lui-même, puis vit avec.
La longueur coûte moins cher que la densité : Dostoïevski enferme son lecteur des dizaines de pages d’affilée dans une seule conscience, sans jamais lui accorder de respiration. On en sort essoré et différent.
Madame Bovary, Gustave Flaubert

Première parution en 1856.
Emma s’ennuie en province, rêve d’une autre vie que la sienne, et se ruine à la chercher.
L’histoire tient en 3 lignes, et ce qui fait le livre, c’est la langue, travaillée jusqu’à l’obsession pendant 5 ans. Un lecteur le résumait très bien : on ne le lit pas pour l’intrigue, on le lit pour l’écriture. Si vous cherchez du rythme, passez votre chemin.
À la recherche du temps perdu, Marcel Proust

Première parution entre 1913 et 1927.
Le narrateur se souvient, pendant 7 volumes et plus de 2 000 pages.
Il trône en tête de la plupart des classements, et il se retrouve ici en dernière position, exactement pour la même raison. Les phrases s’étendent parfois sur une page entière, et l’on n’attaque pas Proust parce qu’un classement le recommande : on y vient quand l’envie arrive, souvent bien plus tard qu’on ne l’avait imaginé.
Et Ulysse de Joyce, que certaines listes placent en 5e position ? C’est la même chose en plus radical : ce sont des sommets, pas des points de départ.
Ces classements ont aussi leur angle mort, les classiques que personne ne cite jamais. C’est tout l’objet de notre coffret de grands classiques méconnus.
Et les meilleurs livres du moment ?
Cette sélection ne bouge presque pas, parce qu’un classique se juge sur des décennies, là où les meilleurs livres du moment changent à chaque rentrée littéraire.
Les deux ne s’opposent pas, ils se complètent : un classique vous apprend d’où vient la littérature que vous lisez aujourd’hui, une nouveauté vous dit vers où elle se dirige. Notre coffret de classiques contemporains se tient justement à cette frontière, et nos coffrets en édition limitée explorent le reste.
Il n’y a pas de meilleur livre, il y a le vôtre
Posez la question à des lecteurs et regardez ce qui se passe : une bonne partie d’entre eux commence par expliquer que la question est impossible. « C’est trop difficile de choisir. » « Je vous donne une réponse valable aujourd’hui, demain ce sera une autre. » « C’est comme la musique, chacun trouve ce qu’il cherche selon le moment. »
L’un d’eux, plutôt que de trancher, a préféré découper la question en 3 : le plus marquant, le plus beau, celui qui l’a le plus transporté. Il a fait spontanément ce que fait cet article.
C’est là que Kube travaille autrement. Plutôt qu’un classement établi pour tout le monde, votre livre est choisi pour vous seul, à partir de ce que vous aimez lire, par l’un des libraires partenaires de notre réseau. Ils sont plus de 400, et leurs coups de cœur valent bien tous les classements. Un livre choisi par un professionnel pour qui vos envies de lecture n’ont plus de secrets.

Questions fréquentes
Quels sont les 10 livres à lire absolument ?
Les 10 titres qui reviennent le plus souvent dans les classements et chez les lecteurs sont Le Petit Prince, 1984, L’Étranger, Les Misérables, Cent ans de solitude, Crime et Châtiment, Madame Bovary, Le Comte de Monte-Cristo, La Peste et Des souris et des hommes. C’est ce que disent les classements, et ce n’est pas un ordre de lecture : notre sélection en tête d’article reprend ces mêmes sommets, mais elle les range par difficulté. Si vous ne lisez pas beaucoup, commencez par les 3 plus courts, Le Petit Prince, Des souris et des hommes et La Peste.
Quel est le meilleur livre de tous les temps ?
Aucun classement ne fait vraiment autorité sur cette question, et les listes se contredisent d’un site à l’autre. Les titres qui reviennent le plus souvent en tête sont Cent ans de solitude, À la recherche du temps perdu, Ulysse et Les Misérables, mais ce sont des sommets bien plus que des points de départ.
Par quel classique commencer quand on ne lit pas beaucoup ?
Par un livre court et rythmé. Des souris et des hommes fait moins de 150 pages et tient presque entièrement en dialogues, quand Le Petit Prince se lit en une heure. Et si vous préférez un gros roman qui se lit vite, Le Comte de Monte-Cristo avance par chapitres courts, tous conçus pour donner envie du suivant.
20 titres, et toujours pas décidé ? C’est bien le sujet de cet article. Chez Kube, le livre qui vous attend est sélectionné selon vos goûts de lecture par un libraire partenaire plutôt que d’après un classement, et il suffit pour cela de remplir le Questionnaire Kube. Sans top 10, et sans avoir à décider si Proust est vraiment fait pour vous !




Commentaires